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Pause parentale

Pourquoi les mamans doivent toujours se taire

Cette année, la frontière entre vie professionnelle et personnelle n’a jamais été aussi mince.

Alors même qu’ils n’avaient jamais entendu parler de vos enfants, vos managers ont vu leur tête pendant vos réunions d’équipe en visio. Ils savent comment s’appelle leur maîtresse (vu que vous avez du faire l’école à la maison quand elle a eu le Covid). Ils connaissent l’emploi du temps de votre mari (qui prenait le relai dès que vous aviez des appels avec des clients).

De votre côté, vous avez goûté aux joies des sorties d’école à 16h30 sans que l’on vous dise « Tu as pris ton après-midi ».

Cette année, on a enfin osé parler de nos enfants en entreprise … Mais malheureusement, dans quelques semaines, tout sera oublié. On recommencera à aller tous les jours au bureau, à stresser quand notre réunion s’éternisera car la garderie ne fait pas d’heures sup. On priera encore pour que la crèche ne nous appelle pas quand notre 2 ème a 39 de fièvre.

Dans quelques semaines, on continuera à faire semblant et à se taire, comme si on n’avait pas de vie de famille.

Les femmes continueront à se taire.

Elles ne parleront pas de leur projet de grossesse en entretien de recrutement et chercheront la meilleure fenêtre de tir pour tomber enceinte pour ne pas que cela nuise à l’entreprise.

Elles ne diront rien quand elles seront mises au placard à leur retour de congé maternité.

Elles ne demanderont rien à leur boss pour montrer que leur maternité est sous contrôle et qu’elles peuvent tout gérer sans problème.

Elles ne diront rien parce que « si on n’en parle pas, ça n’existe pas ».

Ma pause parentale, c’est notre petite pierre pour que, justement, on en parle ! Pour que la parentalité fasse partie intégrante de du parcours professionnel d’une femme.

Parce que la parentalité continue d’être un frein à la vie professionnelle alors même que cela devrait être un réel enjeu stratégique pour les entreprises.

Table des matières

Se taire, cacher sa parentalité

Etre mère continue de représenter un frein dans la vie professionnelle

« Elle a quel âge cette candidate? 31 ? Pff… ça, ça va se terminer en congé mat’ l’année prochaine ».

Cette phrase, je l’ai entendue chez un grand nombre de clients lorsque je travaillais en cabinet de recrutement.

Avoir une femme enceinte au travail continue de cristalliser toutes les peurs …

Mais le problème va évidemment plus loin que la seule grossesse. Ce qui dérange l’employeur, c’est aussi le congé parental, le temps partiel, les absences pour cause d’enfant malade, les horaires de fin de journée. Les employeurs considèrent encore les femmes comme des sujets à risque …

Dès lors, dès son premier entretien de recrutement et à chaque étape de sa carrière, la femme intériorise la consigne de ne pas de ses projets d’enfants, de ses enfants ou de sa vie personnelle en général.

Les femmes ne parlent pas de leur grossesse

Quelque soit le milieu professionnel, les femmes enceintes sont toujours vues comme un problème dans l’entreprise. On continue à avoir peur qu’elles soient moins performantes, qu’elle s’absentent longtemps après sa grossesse et surtout pendant.

Face à cette peur des employeurs, les femmes adaptent leurs projets de grossesse pour chercher « la meilleure fenêtre de tir ».

Dans leur entreprise, elles essaient d’être enceintes au « bon moment » pour annoncer leur grossesse après l’annonce de potentielles promotions ou réorganisations. Et même si c’est le meilleur moment, elles appréhendent tout de même la réaction de leur supérieur hiérarchique. Annoncer sa grossesse devient une source de stress et sur Google, la question « Comment annoncer sa grossesse à son employeur » est beaucoup plus posée que « Comment annoncer sa grossesse à sa famille ».

Si elles sont en recherche d’emploi, elles se demandent toujours s’il faut en parler… (et quand) et renoncent finalement à prendre de nouvelles fonctions avant l’accouchement.

Si elles ont un projet de grossesse, elles savent qu’elles ne doivent pas en parler en entretien .. quitte à mentir si on leur pose (illégalement) la question.

Les femmes n’osent rien dire à leur retour de congé maternité

L’année dernière, nous avions diffusé un questionnaire concernant le retour de congé maternité. 280 mamans y ont répondu.

Pour 43% d’entre elles, le retour dans leur entreprise ne s’est pas passé comme elles l’auraient souhaité.

Une grande partie s’est sentie lésée car elles n’ont pas reçu la promotion promise avant leurs départ ou n’ont pas été augmentées car absentes une partie de l’année. Pour la majorité, les difficultés se sont faites ressentir de manière plus diffuse : le périmètre de leurs missions a été modifié, la taille de leur équipe a été réduite ou encore leur projet phare a été donné à un collègue.

Au total, 37% ont eu du mal à s’adapter à une nouvelle organisation interne, souvent défavorable.

« On m’a poussée à prendre un congé parental pour pouvoir continuer à être remplacée », « Ma reprise a été complexe car ma remplaçante est restée et avait récupéré la moitié de mes dossiers »« Le poste que l’on m’avait promis avant mon départ a finalement été proposé à ma collègue »

11% ont senti un réel manque de considération de la part de leur management ou n’ont pas été accompagnées

« On acceptait de me laisser télé-travailler lorsque mon enfant était malade mais j’étais infantilisée et devais faire un reporting détaillé le soir même »« Mon manager continue à me faire la blague « tu as pris ton après-midi? »« On me demande toujours pourquoi je ne participe plus aux soirées réseau ».

Néanmoins, très peu osent en parler ou se plaindre. Comme si pouvoir revenir à son poste était déjà une faveur. Comme si elles avaient à se sentir reconnaissantes de pouvoir garder leur poste tout en étant maman.

D’autres n’osent rien dire car elles se disent que ce n’est pas le moment de se mettre en danger.

Certaines, face à ces difficultés, n’ont pas d’autre choix que de prendre un conté parental pour trouver un meilleur équilibre.

Elles n’existent plus si elles mettent leur carrière entre parenthèse pour s’occuper de leurs enfants

Alors que toutes les mères sont unanimes pour confirmer qu’être mère à temps plein est le job le plus compliqué… le congé parental continue d’être dévalorisé.

Quand on « s’arrête » de travailler pour s’occuper de ses enfants, c’est comme si l’on avait perdait toute forme d’intérêt auprès des autres. Plus personne ne nous parle de boulot, comme si on avait laissé notre cerveau à la maternité.

Que le congé parental soit subi ou choisi, il reste toujours risqué pour une femme car elle sait inconsciemment qu’elle accepte de voir sa carrière ralentie ou même totalement stoppée.

Même si une part de plus en plus importante des papas partage les responsabilités liées aux enfants les premières années, la gestion des enfants est encore très largement donnée aux mamans.

Les femmes doivent donc jongler tout au long de leur carrière entre leur job, le mode de garde choisi, les maladies, les activités et sorties des enfants, les vacances scolaires…

« Les femmes doivent montrer une maternité entièrement sous contrôle et maitrisée pour rassurer à leur employeur que leur vie familiale n’empiète pas sur la sphère professionnelle ».

Les femmes font donc profil bas durant toute leur carrière.

Elles font comme si leur parentalité n’existait pas alors même qu’elles aspireraient à être davantage reconnues en tant que maman par leur entreprise.

La parentalité doit faire partie intégrante de l’entreprise

Si l’évolution du schéma familial actuel (familles monoparentales, gardes alternées, augmentation des emplois féminins..) poussait déjà les entreprises à prendre en compte la parentalité de leurs collaborateurs, la crise sanitaire a encore davantage mis en avant le besoin de faire concilier vie professionnelle et familiale. En effet, plus que jamais dans le contexte actuel, les entreprises mesurent l’importance de prendre soin de l’équilibre des vies souvent fragilisé de leurs salariés.

La parentalité est un enjeu majeur pour les entreprises

En France, plus des 3/4 des salariés sont parents .. ce qui implique que plus de 75% des effectifs en entreprise sont concernés par les sujets de parentalité !!

Par ailleurs, le besoin d’avoir un meilleur équilibre de vie est partagé par plus de 80% des collaborateurs.

Un exemple : selon la dernière étude menée par Kinder, les parents français seraient ceux qui passeraient le moins de temps avec leurs enfants alors même que 96% d’entre eux déclarent que les moments passés en famille sont ceux qu’ils préfèrent ».

Favoriser le mieux être en entreprise joue sur le recrutement et la rétention des collaborateurs mais aussi sur l’engagement et ma performance des collaborateurs.

Certaines entreprises ont déjà avancé sur le sujet de la parentalité en proposant des solutions pour faciliter le quotidien des parents : places en crèche, allongement du congé paternité, politique de congés adaptés, horaires décalés, semaines de 4 jours…

Les compétences développées par les parents sont un réel atout pour une entreprise

De manière générale, une femme qui revient de congé maternité ou de congé parental doit refaire ses preuves. Dans l’opinion collective, une femme qui n’a pas été en entreprise pendant quelques temps a « laissé son cerveau à la maternité ».

Face à ce manque de considération et de confiance de la société, elles mêmes pensent qu’elles ont perdu leurs compétences, se dévalorisent et perdent confiance.

Or, des études ont démontré que, loin de pénaliser l’entreprise, la maternité et la paternité enrichissaient l’entreprise de par les nouvelles compétences qu’elles apportent.

La parentalité enrichit en effet les compétences des professionnels en libérant la créativité, les compétences organisationnelles ou la résolution de problèmes, explique Sonia Malaspina, Directrice RH Europe du Sud Danone Specialized Nutrition dans le programme Lifeed.

Lorsqu’on traverse une transition personnelle aussi importante qu’être parent, de nouvelles compétences relationnelles et émotionnelles sont essentielles qui pourront être mises à profit au sein d’équipe.

A l’entreprise d’essayer d’exploiter au mieux ces nouvelles compétences extraordinaires !

Juste pour rire un peu le CV que l’on avait construit pour mettre en avant les compétences développées en s’occupant d’un enfant !

CV maman à temps plein

Aujourd’hui plus que jamais, les entreprises vont devoir s’adapter aux nouveaux besoins de leurs collaborateur et considérer la parentalité comme un enjeu majeur de développement.

Néanmoins, si l’entreprise peut lancer certaines actions, rien ne se fera tant que les femmes et les hommes continueront à se taire et à faire comme si la parentalité n’existe pas.

Pour faire bouger les lignes, il faut que chaque femme et chaque homme assume sa parentalité, en soit fier et s’en serve pour s’épanouir aussi bien personnellement que professionnellement.

Ma Pause parentale est une première petite pierre pour que les femmes osent enfin assumer leur parentalité et la mettent en avant.

Parce qu’être parent fait partie de votre vie professionnelle.

Si vous avez vous aussi de faire bouger les lignes, ajoutez dès maintenant votre pause parentale sur votre profil Linkedin !

Sources :

Maternité et discrimination, le combat oublié

La parentalité en entreprise expliquée à mon boss, de Tiphaine Mayolle (merci encore Tiphaine pour ton aide!)