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Pourquoi il faut arrêter de vouloir suivre sa passion

Tous ceux qui se posent des questions au niveau professionnel ont au moins une fois entendu le fabuleux conseil « tu n’as qu’a suivre ta passion » ou alors lisent chaque jour dans la presse un témoignage d’un cadre supérieur qui a suivi sa passion pour monter une conserverie de foie gras dans le sud ouest.

Dans les premières phases d’une reconversion, on se prend donc à rêver, à se dire que ça n’arrive pas qu’aux autres et que, nous aussi, on va partir à la recherche de notre passion.

On m’avait déjà une fois posé la question en entretien et, à l’époque, je me suis sentie très bête de ne pas savoir répondre.

Après quelques mois de réflexion et quelques coups de blues à ce sujet, je n’ai pas honte de dire que je ne sais toujours pas y répondre.

« Je n’ai pas de don, je n’excelle pas dans une discipline en particulier. Comme j’aime faire des choses de mes mains j’ai profité de mes congés maternité pour me lancer dans la peinture, la couture, le dessin… mais je n’ai jamais persévéré ».

Je n’ai pas de passion. Je me suis depuis auto-rassurée en me disant que ce n’était pas que ma faute puisque, selon une étude, “54% des personnes ayant reçu une passion culturelle l’ont reçu de leur père ou de leur mère” (Merci papa, merci maman!).

Pourtant, à voir le nombre de livres censés nous aider à trouver notre passion, on peut penser que cela reste indispensable dans notre société.

Je le constate d’ailleurs avec mes enfants. En étant parent, on se sent obligé d’aider nos enfants à trouver ce qui les passionne. Or, si je prends le cas de ma fille, elle a longtemps été passionnée par le poney. Je me voyais déjà passer tous mes dimanches après-midi dans le froid des clubs hippiques mais, quelques mois après, elle ne nous en parle plus du tout…

Et finalement, est ce que ce n’est pas mieux ? Pourquoi devrait-on aimer exclusivement une seule chose et oublier les autres ?

Bref, rassurez vous si, vous non plus, n’avez pas de passion: rien n’est perdu pour autant !

D’après Eric Bénévaut*, psychanalyste, « il y a peu de personnes qui ne s’intéressent à rien, sauf celles qui sont dépressives. En revanche, il y a une infinité de gens qui n’ont pas envie d’approfondir des sujets ou des activités, soit parce que c’est dans leur caractère, soit parce qu’ils ne veulent pas se couper de cette diversité de possibilités ».

Dès lors, arrêtons de vouloir suivre notre passion.

Pourquoi ?

  • Parce que suivre sa passion est dangereux,
  • Parce que la passion dans le travail doit être la conséquence des compétences que tu développes et pas la cause,
  • Parce que suivre sa passion fait perdre beaucoup de temps.


« La passion est un piège »



Nicolas Beretti* parle très bien, dans ses conférences et articles, du piège de la passion. Il explique en quoi suivre sa passion est « stupide d’un point de vue logique, mais aussi dangereux ».

D’abord parce que la plupart des gens ne naissent pas avec une passion déjà existante.

Par ailleurs, la plupart des boulots, dans la vraie vie, ne ressemblent pas vraiment à une passion.

Enfin, si vous partez de l’idée que votre passion est là, dehors, quelque part à vous attendre, et que vous projetez sur elle l’idée qu’une fois atteinte, votre vie sera « passionnante », alors vous jetez en même temps sur votre vie actuelle une jugement de vie « non passionnante ».


« Ne fais pas ce que tu aimes mais apprends à aimer ce que tu fais »


C’est une notion que j’ai découverte dans le livre de Cal Newport, « So good they can’ Ignore you ».

En gros, plus tu vas apprendre, te documenter sur un sujet, plus ça va être facile pour toi et tu vas prendre du plaisir… et peut être même découvrir une passion.

Dans son livre, Cal Newport évoque deux problèmes :

  • Tout le monde a les mêmes passions : cinéma, musique, yoga, shopping… (Facile à vérifier quand on est recruteur est que l’on regarde la dernière partie des CV). Or, la majorité de la création de valeur dans le monde ne se situe pas dans ces domaines…
  • Même si vous réussissez à travailler dans un domaine qui vous passionne, rien ne garantit que votre travail quotidien sera excitant. C’est un fait avéré, j’ai rencontré des candidats qui n’étaient pas heureux dans leur job alors même qu’ils avaient leur passion.

Dès lors, ses conseils pour que ton job soit épanouissant sont de viser ces 3 aspects :

  • Créativité, ou comment te challenger sur tes compétences dans ton travail,
  • Impact, ce qui fait que ton job est utile. Qu’il résout un problème et peut aider les autres.
  • Contrôle, le fait d’être libre de prendre les décisions que tu veux, d’être le seule maître de ta vie et de ton travail.

« Essayer de suivre sa passion fait perdre beaucoup de temps »

Essayer de suivre sa passion peut vous faire perdre beaucoup de temps. Or, le temps est ce que l’on a de plus précieux donc mieux vaut ne pas le gaspiller.

Si on veut être épanoui dans son job, il convient de se poser la question : « est ce que je m’ennuie ou non ? ». S’ennuyer, c’est perdre du temps pur.

L’idée, c’est donc de chercher les moments où l’on ne s’ennuie pas. De chercher ce que l’on appelle le Flow.

Comment chercher son Flow

Le flow, c’est « l’état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une activité et se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction de son accomplissement ».

J’ai découvert ce concept en suivant le programme Switch Collective et j’ai adoré l’exercice qui est bien plus concret que de suivre une pseudo passion.

Comme proposé, j’ai donc établi un « journal de flow » pendant quelques semaines afin de voir les moments où j’étais hyper concentrée, motivée et satisfaite de certaines tâches et ceux où, à l’inverse, je m’ennuyais.

J’ai par exemple découvert que je ne voyais pas le temps passer lorsque j’écrivais ou que j’échangeais avec les autres.

Une autre manière de trouver son flow est de réfléchir à notre Mini-moi. A quoi est ce qu’on aimait passer du temps enfant, lorsque l’on n’avait aucune pression, aucun impératif, lorsque l’on était totalement absorbé par notre imagination? « Les enfants sont des experts en flow ». Il est donc intéressant de chercher des indices dans l’enfance de ce qui nous fait vibrer dans la vie.

Il existe pas mal d’autres outils pour avancer sur la recherche du flow. L’exercice peut, lui aussi, prendre du temps. En revanche, c’est quelque chose d’atteignable et qui apportera probablement plus de résultats durables dans un projet de transition professionnelle.

Vous avez envie de trouver un job qui vous plait ? Rejoignez notre bilan de compétences « Trouve ton job de rêve » !

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